Accueil • Profil et acteurs • Importance et couverture de la microfinance
A la fin des années 80, le Bénin a connu de graves difficultés économiques liées à la faiblesse des cours des matières premières et à la mauvaise gestion des finances publiques. Les importantes réformes mises en œuvre, ont permis la restructuration du secteur financier et l’installation de nouvelles banques. Le secteur financier est composé des institutions formelles régies par la loi bancaire, les institutions de microfinance (IMF) régies par la loi n°97-027 du 08 août 1997 portant réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit, appelée communément " Loi PARMEC ", et du secteur financier informel.
Le secteur bancaire compte une douzaine de banques et deux établissements financiers. Les banques commerciales sont installées dans les villes, et leur taux de couverture du territoire national est faible avec 70 guichets au 31 décembre 2008. Elles concentrent l’octroi des crédits sur les grandes entreprises et les institutions étatiques et paraétatiques, exigent des garanties réelles des clients conformément aux dispositions légales et cherchent à éviter tout risque pour maintenir un niveau de rentabilité acceptable à leurs actionnaires.
Ces limites du financement bancaire ont favorisé l’émergence et le développement des IMF qui ont connu rapidement un taux de croissance élevé. Les premières expériences datent des années 80. Les pionnières sont les CNCA (Caisses Nationales de Crédit Agricole) devenues ensuite CLCAM, et FECECAM après. Mais la microfinance a pris de l’ampleur avec la création de PADME et PAPME et l’émergence des ONG et association dans les années 90. Elles opèrent dans un vacuum laissé par les banques commerciales et dans une niche qui ne peut pas être occupée par le secteur informel. Elles proposent leurs services à une couche de la population active, qui a parfois de la liquidité excédentaire, qu’elle peut déposer, et un besoin de liquidité, qui ne peut être financé par l’épargne.
Les prestataires de services financiers au niveau du secteur formel de la microfinance comprennent quatre types d’institutions :
- les coopératives et mutuelles d’épargne et de crédit ;
- les institutions de crédit direct constituées sous la forme d’associations et d’ONG ;
- les sociétés commerciales de microfinance ;
- les projets gouvernementaux et projets de développement des bailleurs de fonds.
Le secteur informel de la microfinance comprend :
Associations ou ONG de micro finance ;
- les tontines ;
- les gardes monnaies ou banques ambulantes ;
- les usuriers.
La demande en services financiers des clients de la microfinance est très variée, et couvre d’abord les services de dépôts (surtout à vue), et les services de crédit du court terme (3 à 4 mois) jusqu’au moyen terme (2 à 3 ans). La gamme des clients comprend presque la totalité des couches basses et moyennes de la société, et les conditions d’accès aux services ne sont pas, en général, trop exigeantes.
Les activités des IMF couvrent l’ensemble des douze départements que compte le Bénin, avec une concentration dans les principales villes : Cotonou, Porto Novo et Parakou. En 2006, sur la base des statistiques de la Cellule de Surveillance des SFD) (ex Cellule de Micro Finance), sept cent soixante deux (762) IMF exercent sur l’ensemble du territoire national et apportent une assistance à 850 000 personnes (épargnants, emprunteurs et groupements) dont 54% de femmes, 40% d’hommes et 6% de groupements.
Les IMF se sont regroupées au sein de l’Association Nationale des Praticiens de la Microfinance du Bénin (Consortium ALAFIA), qui a pour objet de les défendre et de contribuer à leur professionnalisation en renforçant leurs capacités à fournir les services au regard des meilleures pratiques et en contribuant à l’amélioration de l’environnement légal et politique dans lequel elles interviennent