Souvent reléguées au second plan sous l’effet des exigences prudentielles et financières croissantes, les performances sociales demeurent pourtant au cœur de la mission des institutions de microfinance. Elles constituent un élément essentiel de différenciation avec les banques classiques et traduisent la proximité des Imf avec les populations qu’elles servent.
Conscientes de cet enjeu, les autorités béninoises, à travers l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd), avec l’appui de la Coopération luxembourgeoise, ont organisé le 9 juin 2026 une formation à l’intention des agents des Imf sur l’utilisation de l’outil d’évaluation des performances sociales mis à leur disposition.

La formation s’est tenue à Cotonou, au siège de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (Apsfd-Bénin). Dans son mot de bienvenue, Ignace Comlan Dovi, Directeur général de l’Association professionnelle, a salué l’initiative de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd), qu’il considère comme une illustration de l’accompagnement permanent des institutions de microfinance en faveur de l’amélioration des performances du secteur. Il a également exprimé, au nom de l’ensemble des Imf, sa gratitude à la Coopération luxembourgeoise et à LuxDev pour leur appui à cette innovation. Il a enfin invité les participants à suivre avec attention les travaux et à s’approprier l’outil afin d’en tirer pleinement profit dans leurs institutions respectives.
Prenant la parole à son tour, Roméo Zomahoun, représentant de la Coopération luxembourgeoise, a rappelé que les performances sociales et environnementales constituent aujourd’hui des leviers essentiels de renforcement des performances financières des institutions. Selon lui, elles contribuent également à améliorer la crédibilité des Imf auprès des partenaires techniques et financiers, en démontrant l’impact réel des ressources mobilisées au profit des populations vulnérables. Il a souligné que le Bénin est le premier pays de l’Uemoa à s’engager dans cette démarche structurée d’évaluation des performances sociales, avec l’ambition de servir de modèle pour les autres États de l’Union.

L’ouverture officielle des travaux a été assurée par Philippe Dahoui, Directeur général de l’Anssfd. Il a indiqué que cet atelier s’inscrivait dans la troisième phase du processus de mise en place du dispositif national de gestion des performances sociales. Après l’élaboration du cadre de référence, l’adaptation des normes au contexte béninois et la sensibilisation des dirigeants des Imf, cette nouvelle étape est consacrée à la formation des acteurs sur l’outil d’auto-évaluation destiné aux institutions. À terme, chaque Imf devra être en mesure d’évaluer son niveau de conformité aux normes définies et de mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires. « Cet outil constitue une innovation qui vous permettra notamment de mettre à jour vos documents et de renforcer votre conformité aux exigences réglementaires », a-t-il déclaré. Pour conclure, le Directeur général de l’Anssfd a exhorté les participants à s’approprier pleinement l’outil et à anticiper les actions nécessaires pour améliorer durablement les performances de leurs institutions.
Grâce à l’engagement des autorités et des acteurs du secteur, le Bénin dispose d’atouts importants pour consolider sa position de référence en matière d’inclusion financière au sein de l’Uemoa. Cette initiative illustre la volonté des parties prenantes de promouvoir une microfinance performante, conciliant efficacement performances financières et performances sociales.
